jeudi 6 octobre 2022

Farm to Fork : la stratégie de l’UE pour une transition agricole

Stratégie agricole de l'UE

de PS
7 mins lecture

Le Green Deal européen décrit une méthode visant à faire de l’Europe le premier continent climatiquement neutre d’ici 2050. Il dessine une nouvelle stratégie de croissance durable et inclusive pour relancer l’économie, améliorer la santé et la qualité de vie des populations, prendre soin de la nature et ne laisser personne de côté.

La stratégie « Farm to Fork » (de la Ferme à la Fourchette) est au cœur du Green Deal Européen.

Cette stratégie aborde de manière globale les défis de développement de systèmes alimentaires durables et reconnaît les liens étroits entre la bonne santé des individus, de la société, et de la planète.

Elle est également au cœur du programme de la Commission visant à atteindre l’objectif de développement durable fixés par les Nations Unies.

Tous les citoyens et opérateurs des chaînes de valeur (agriculteurs, transformateurs, distributeurs), dans l’UE et ailleurs, devraient bénéficier d’une transition juste, en particulier au lendemain de la pandémie de COVID-19 et du ralentissement économique.

Le passage à un système alimentaire durable peut apporter des avantages environnementaux, sanitaires et sociaux, offrir des gains économiques et veiller à ce que la sortie de crise place les pays de l’Union sur une trajectoire de développement durable. De plus, il est essentiel pour assurer le succès de la reprise économique et la transition écologique d’assurer un moyen de subsistance et un niveau de vie durables aux agriculteurs, eux qui ont encore des revenus beaucoup trop bas.

La pandémie de COVID-19 a souligné l’importance d’un système alimentaire robuste et résilient qui fonctionne en toutes circonstances, et capable d’assurer l’accès à un approvisionnement suffisant en denrées alimentaires abordables pour les citoyens. Il nous a également sensibilisés aux interrelations entre notre santé, nos écosystèmes, nos chaînes d’approvisionnement, notre modèle de consommation face aux limites planétaires. Il est clair que nous devons faire beaucoup plus pour nous protéger et protéger la santé de la planète.

La pandémie actuelle n’est qu’un exemple. La récurrence croissante des sécheresses, des inondations, des incendies de forêt et de nouveaux parasites ravageurs nous rappellent constamment que notre système alimentaire est menacé et qu’il doit devenir plus durable et résilient.

La stratégie de la ferme à la table (Farm to Fork) est une nouvelle approche globale de la manière dont les Européens valorisent l’importance de la sécurité alimentaire. C’est l’occasion d’améliorer notre mode de vie, la santé et l’environnement.

C’est faire le choix d’un environnement alimentaire plus respectueux de l’environnement qui facilite le développement d’une alimentation saine et durable, qui sera bénéfique pour la santé et la qualité de vie des citoyens, et réduira pour la société les coûts liés à la santé.

Un forte demande pour une alimentation de qualité

Les individus accordent une attention croissante aux questions environnementales, sanitaires, sociales et aux questions éthiques. Alors même que les sociétés s’urbanisent, ils se sentent de plus en concernés par la qualité de leur nourriture. Ils veulent des aliments frais, moins transformés et issus de sources durables.

Les demandes de recours à des circuits courts se sont intensifiées pendant l’épidémie actuelle. Les consommateurs doivent pouvoir être capables de choisir une alimentation durable et tous les acteurs de la chaîne alimentaire devraient y voir une responsabilité et une opportunité.

L’alimentation européenne est déjà une norme mondiale pour une alimentation sûre, abondante, nutritive et de haute qualité. C’est le résultat d’années d’élaboration des politiques de l’UE pour protéger la santé humaine, animale et végétale, et des efforts des agriculteurs, des pêcheurs et des producteurs aquacoles. Désormais, l’alimentation européenne devrait également devenir la norme mondiale en matière de durabilité.

Cette stratégie vise à récompenser les agriculteurs, pêcheurs et autres opérateurs de la chaîne alimentaire qui ont déjà engagé une transition vers des pratiques durables, et à permettre aux autres d’engager cette transition, et ainsi, créer des opportunités supplémentaires pour leurs entreprises.

Encourager et récompenser la filière agricole

L’agriculture de l’UE est le seul grand système de production agricole au monde qui a réduit ses émissions de gaz à effet de serre (GES – moins 20 % depuis 1990). Cependant, même au sein de l’UE, cette trajectoire n’a été ni linéaire ni homogène entre les États membres.

En outre, la fabrication, la transformation, la vente au détail, l’emballage et le transport des aliments contribuent grandement à la pollution de l’air, du sol et de l’eau et aux émissions de GES, et ont un impact lourd sur la biodiversité.

Ainsi, même si la transition de l’UE vers des systèmes alimentaires durables a commencé dans de nombreux domaines, ceux-ci restent l’un des principaux moteurs du changement climatique et de la dégradation de l’environnement. Il y a nécessité urgente de réduire la dépendance aux pesticides et aux antimicrobiens, de réduire la fertilisation excessive, de développer l’agriculture biologique, améliorer le bien-être des animaux et inverser la perte de biodiversité.

Vers une neutralité carbone en 2050

La loi sur le climat (Commission proposal for a Regulation of the European Parliament and of the Council establishing the framework for achieving climate neutrality and amending Regulation (EU) 2018/1999 (European Climate Law), COM(2020) 80 final, 2020/0036 (COD)) fixe l’objectif d’une Union Européenne climatiquement neutre en 2050. La Commission présentera d’ici septembre 2020 un plan objectif climat 2030, pour porter l’objectif de réduction des émissions de GES à 50% ou 55 % de moins par rapport aux niveaux de 1990.

La stratégie de la « Farm to Fork » établit une nouvelle approche pour garantir que l’agriculture, la pêche et l’aquaculture, ainsi que la chaîne de valeur alimentaire contribuent de manière appropriée à ce processus.

La transition vers des systèmes alimentaires durables est également une énorme opportunité économique. Les attentes des citoyens évoluent et entraînent des changements importants sur le marché alimentaire. C’est une occasion à saisir pour les agriculteurs, les pêcheurs et les producteurs aquacoles, ainsi que les transformateurs d’aliments et les services alimentaires. Cette transition leur permettra de faire valoir la durabilité et la qualité de leur marque de commerce, et garantira l’avenir de la chaîne alimentaire de l’UE face aux concurrents extérieurs à l’UE. La transition vers un système de production agricole durable offre à tous les acteurs de ce système l’opportunité d’être les premiers sur ce qui est un nouveau marché.

Il est clair cependant que cette transition ne se fera pas sans changement dans le régime alimentaire de la population. Pourtant, dans l’UE, 33 millions de personnes n’ont pas accès à un repas de qualité ne serait-ce que tous les deux jours et l’aide alimentaire est essentielle pour une partie de la population dans de nombreux États membres.

Le défi de l’insécurité alimentaire et de du coût de l’accès à une alimentation de qualité risque de s’aggraver en période de ralentissement économique. Il est donc essentiel d’agir pour changer les modes de consommation et lutter contre le gaspillage alimentaire. Tandis qu’environ 20 % de la nourriture produite est gaspillée, l’obésité est également en hausse. Plus de la moitié de la population adulte est aujourd’hui en surpoids, contribuant à une prévalence élevée de maladies liées à l’alimentation (y compris divers types de cancer) et à l’augmentation des frais de santé. Dans l’ensemble, les régimes alimentaires européens ne sont pas conformes aux recommandations alimentaires nationales, et « l’environnement alimentaire » ne garantit pas que le choix d’une alimentation saine soit toujours le plus simple. De fait, si les régimes alimentaires européens étaient conformes aux recommandations alimentaires, l’empreinte environnementale des systèmes alimentaires seraient considérablement réduits.

Il est également clair que nous ne pouvons pas changer les choses si nous n’emmenons pas le reste du monde avec nous. L’UE est le plus grand importateur et exportateur de produits agroalimentaires et le plus grand marché de produits de la mer au monde.

La production agricole peut avoir des impacts environnementaux et sociaux négatifs dans les pays d’origine.

Par conséquent, les efforts visant à renforcer les exigences de durabilité dans le système alimentaire de l’UE doivent s’accompagner de politiques contribuant à élever les normes à l’échelle mondiale, afin d’éviter l’externalisation de pratiques non durables.

Un système alimentaire durable sera essentiel pour atteindre les objectifs climatiques et environnementaux du Green Deal, tout en améliorant les revenus des producteurs agricoles et en renforçant la compétitivité de l’UE.

Cette stratégie soutient la transition écologique tout en offrant de nouvelles opportunités pour les citoyens et les acteurs de la chaîne de production alimentaire.

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